Espèces de blattes

Blatte germanique : identifier et traiter le cafard des cuisines

Taille, bandes du bouclier, nymphes, capsule d’œufs, refuges et résistances : les repères pour reconnaître la blatte germanique et comprendre comment on la traite.

Contenu vérifié le 24 octobre 2026 Lecture : 7 min Rédaction : équipe technique France Cafard

Blatte germanique adulte brun clair avec deux bandes sombres sur le pronotum, sur fond blanc

Petite et brun clair, la blatte germanique vit cachée dans les cuisines, les salles de bain et les locaux alimentaires, près de l’eau, de la nourriture et de la chaleur.

Son nom est trompeur. Une étude génétique publiée en 2024 dans la revue PNAS montre qu’elle descend d’une blatte asiatique, Blattella asahinai, dont elle s’est séparée il y a environ 2 100 ans, probablement en Inde ou au Myanmar. Elle doit son qualificatif aux premières mentions de l’espèce en Europe centrale, il y a quelque 250 ans. On ne la connaît dans aucun milieu naturel : elle dépend entièrement des bâtiments humains et ne survit pas durablement dehors sous un climat tempéré. Pour la comparer aux autres espèces, consultez notre guide d’identification des blattes.

Fiche d’identification

La blatte germanique en un coup d’œil

Schéma · taille réelle relative 1 à 1,6 cm
Blatte germanique adulte brun clair avec deux bandes sombres sur le pronotum, sur fond blanc
Illustration

Fiche 01 · La plus fréquente en cuisine

Blatte germanique

Blattella germanica (Linnaeus, 1767)

Taille adulte
1 à 1,6 cm
Couleur et signes
Brun clair à brun moyen. Deux bandes sombres parallèles sur le bouclier situé derrière la tête.
Ailes
Ailée, mais ne vole pas.
Habitat
Cuisines, salles de bain, autour et à l’intérieur des appareils (réfrigérateur, lave-vaisselle, machine à café), sous l’évier : des lieux chauds, humides et sombres, proches de l’eau et de la nourriture.
Comportement
Nocturne et grégaire, elle passe l’essentiel de son temps dans des fentes de quelques millimètres. En voir en journée signale en général une population importante.
Reproduction
La femelle porte sa capsule d’œufs (30 à 40 œufs) jusqu’à l’éclosion. Une génération dure environ 70 à 100 jours à température ambiante.
Risque d’installation
Très élevé. Espèce strictement liée aux bâtiments, qui ne survit pas durablement à l’extérieur et se reproduit à l’intérieur.
Confusions possibles
La blatte rayée (bandes claires en travers du corps) et les blattes de jardin (bouclier uniforme, individus isolés, l’été). Les petites blattes sans ailes, plus sombres, sont des nymphes et non une autre espèce.

Ces repères orientent, ils ne suffisent pas toujours : seule une observation sur place, ou une photo nette, permet de confirmer l’espèce.

Comment reconnaître une blatte germanique adulte ?

L’adulte mesure environ 1 à 1,6 cm, selon les sources universitaires américaines, qui varient légèrement (10 à 15 mm pour l’université de Floride, 13 à 16 mm pour celles de Caroline du Nord et du Texas).

Le critère le plus fiable se trouve sur le pronotum, le bouclier qui recouvre le thorax derrière la tête. Il porte deux bandes sombres, parallèles, orientées dans le sens de la longueur. Le reste du corps va du brun clair au brun foncé.

Les adultes ont des ailes, mais ne volent pas. Chez la femelle, les ailes antérieures recouvrent tout l’abdomen ; chez le mâle, les derniers segments restent visibles.

Avec quelles espèces la confond-on ?

  • La blatte rayée, de taille voisine, est barrée de bandes claires transversales et n’a pas de bandes longitudinales sur le pronotum.
  • Les blattes de jardin (Ectobius) ont un pronotum uniforme à bords translucides ; elles entrent isolément, surtout l’été, et se montrent en plein jour. Voir comment reconnaître un cafard de jardin.

À quoi ressemblent les jeunes blattes germaniques ?

Les nymphes, que l’on appelle souvent « bébés cafards », n’ont pas d’ailes. Elles sont brun foncé à presque noires et portent déjà les deux bandes sombres du pronotum ; selon l’université Texas A&M, une bande claire se prolonge au milieu du thorax et de l’abdomen. Une petite blatte sombre et sans ailes en cuisine est donc souvent une jeune germanique.

D’après l’université de Floride, une population en croissance compte environ 80 % de nymphes pour 20 % d’adultes. Voir surtout de petits individus ne signifie donc pas que l’infestation est modeste : c’est la structure normale d’une population qui se reproduit. Les mues successives sont détaillées dans notre guide du cycle de vie des blattes.

Que contient l’oothèque de la blatte germanique ?

Les œufs sont regroupés dans une capsule, l’oothèque, d’environ 8 mm de long, 3 mm de large et 2 mm d’épaisseur. Elle en contient en général 30 à 40 : environ 30 selon l’université de Californie, 40 en moyenne selon celle de Caroline du Nord.

Particularité de l’espèce, la femelle garde cette capsule accrochée au bout de son abdomen pendant presque toute l’incubation, qui dure environ 20 à 30 jours. Elle ne la dépose qu’un ou deux jours avant l’éclosion, et les nymphes sortent parfois alors qu’elle la porte encore. Une femelle produit 5 à 8 oothèques au cours de sa vie, soit environ 200 à 250 œufs, le plus souvent après un accouplement unique (chiffres d’une seule source).

À quelle vitesse la blatte germanique se reproduit-elle ?

À température ambiante, il faut environ 70 à 100 jours pour passer d’un œuf à un adulte capable de se reproduire : 20 à 30 jours dans l’oothèque, 40 à 60 jours de vie de nymphe, puis 6 à 10 jours avant la reproduction. Ces durées, mesurées aux États-Unis, varient selon la température, l’alimentation et la souche.

La chaleur accélère le développement, optimal vers 25 à 30 °C, tandis que le froid freine l’installation de l’espèce, par exemple dans des logements sans chauffage central. Les femelles vivent environ 140 à 280 jours, les mâles 90 à 140 jours.

L’université de Californie a calculé qu’une femelle et sa descendance pourraient théoriquement produire plus de 30 000 individus en un an. Ce calcul suppose qu’aucune blatte ne meure : c’est un potentiel, pas une observation de terrain. Celui des autres espèces se compte en centaines.

Où vit la blatte germanique dans un logement ?

Elle recherche des abris sombres, chauds et humides : intérieur et arrière du lave-vaisselle, du réfrigérateur, du lave-linge ou de la machine à café, dessous de l’évier, placards de cuisine, poubelles, garde-manger, salle de bain.

L’électroménager réunit obscurité, chaleur et humidité. L’université de Californie conseille d’y chercher les oothèques jusque dans les moteurs, et l’agence américaine de l’environnement (EPA) recommande de nettoyer le bac d’évaporation situé sous le réfrigérateur. Les graisses et les miettes accumulées entre la cuisinière et les meubles forment une autre ressource. Pour une visite zone par zone, voir où se cachent les cafards dans une cuisine.

Et dans une cuisine professionnelle ?

On y retrouve les mêmes conditions à plus grande échelle : plonge et siphons, fours entourés de graisses, équipements motorisés, emballages de livraison qui servent d’abri et peuvent introduire des individus. L’université de Caroline du Nord recommande notamment de vider régulièrement les bacs à graisse.

Pourquoi la blatte germanique est-elle si difficile à éliminer ?

Elle vit dans des fentes inaccessibles

D’après Texas A&M, elle passe environ les trois quarts de sa vie serrée dans des fissures larges de 0,8 à 4,8 mm, où un produit pulvérisé en surface pénètre mal. Les femelles qui portent une oothèque mangent peu et s’aventurent rarement à découvert : elles touchent moins aux appâts. Quant aux œufs, enfermés dans leur capsule, ils échappent à l’appât, qui agit par ingestion.

Certaines populations refusent le sucre des appâts

En 1993, l’entomologiste Jules Silverman a décrit une population de blattes germaniques qui refusait le glucose tout en acceptant d’autres sucres. Ce caractère héréditaire a été sélectionné par des appâts qui utilisaient le glucose comme stimulant alimentaire. En 2013, une équipe de l’université de Caroline du Nord a montré dans la revue Science que, chez ces blattes, le glucose active les neurones gustatifs de l’amertume et freine ceux du sucré.

C’est une résistance de comportement, distincte de la résistance à l’insecticide : lorsqu’on la suspecte, changer de formulation d’appât peut être plus utile que changer de substance active.

Les résistances aux insecticides sont anciennes

Des résistances sont décrites chez cette espèce depuis les années 1950, pour toutes les familles d’insecticides employées contre elle. Celle aux pyréthrinoïdes est forte et répandue : aux États-Unis, des blattes prélevées dans des appartements où des fumigènes avaient échoué étaient environ 200 fois plus résistantes à la cyperméthrine qu’une souche de laboratoire. Nous n’avons trouvé aucune étude de résistance portant sur des populations françaises ou lyonnaises : ces données indiquent une tendance, pas la situation locale.

Traiter les blattes germaniques à Lyon

À Lyon et dans sa métropole, France Cafard traite la blatte germanique en trois temps : diagnostic, gel ciblé, suivi.

Le diagnostic

Le technicien, titulaire du Certibiocide, le certificat individuel obligatoire pour appliquer des produits biocides à titre professionnel, confirme l’espèce, repère les foyers et les stades présents et note ce qui favorise l’infestation : humidité, nourriture accessible, encombrement. Des pièges englués numérotés peuvent compléter l’inspection. Les points d’accès sont signalés avec des conseils ; France Cafard ne réalise pas de travaux de rebouchage.

Le traitement au gel

Le gel insecticide professionnel est la méthode principale. Il agit par ingestion et n’attire pas les blattes à distance : il se dépose donc en nombreux petits points, au plus près des refuges et des trajets. Les blattes qui l’ont consommé regagnent leur abri, où leurs excréments et leurs corps contaminés exposent à leur tour les autres blattes, nymphes comprises. Voir notre page sur le gel anti-cafards professionnel.

Aucune pulvérisation n’est faite à proximité : les blattes évitent les appâts contaminés, et les pyréthrinoïdes les repoussent. D’autres techniques ne s’ajoutent que si la situation l’exige ; il n’existe pas de protocole universel.

Le suivi

Les premiers effets apparaissent en général en quelques jours, et le résultat s’évalue sur deux à trois semaines. Pendant environ un mois, des nymphes continuent d’éclore, issues des oothèques portées au moment du traitement, et le gel finit par durcir. Un passage de contrôle est donc souvent nécessaire, avec renouvellement de l’appât si besoin. Le nombre de passages se décide au vu des résultats.

Pour un appartement ou une maison, voir le traitement des cafards en logement à Lyon. Pour une cuisine professionnelle, consultez notre approche pour les restaurants lyonnais, avec rapports d’intervention et contrats de suivi.

Questions fréquentes

La blatte germanique en questions

La blatte germanique peut-elle vivre à l’extérieur ?

Pas durablement sous notre climat. Elle n’est connue dans aucun habitat naturel et dépend entièrement des bâtiments. Une blatte aperçue au jardin en été appartient donc plus probablement à une autre espèce, comme les blattes de jardin.

Avoir des blattes germaniques, est-ce un signe de saleté ?

Non. Elles arrivent avec des objets transportés (courses, cartons, meubles ou appareils d’occasion, déménagement) ou depuis un logement voisin. L’hygiène compte en revanche pour la suite : la nourriture accessible concurrence les appâts.

Une blatte germanique peut-elle arriver en volant d’un appartement voisin ?

Non : malgré ses ailes, elle ne vole pas. Elle passe d’un logement à l’autre en marchant, le long des murs mitoyens et des gaines techniques. Un insecte qui vole dans votre cuisine en été est plutôt une blatte de jardin mâle.

La blatte germanique présente-t-elle un risque pour la santé ?

Ses allergènes sont les mieux étudiés. Deux d’entre eux, Bla g 1 et Bla g 2, sont excrétés dans les déjections et servent de marqueurs d’exposition. Des études américaines montrent qu’une lutte bien conduite par appâts fait nettement baisser ces allergènes sur les sols de cuisine, d’autant plus que l’élimination est complète.