Espèces et biologie des blattes
Identifier un cafard : les espèces de blattes à connaître à Lyon
Taille, couleur, ailes, lieu et moment de l’observation : quelques critères suffisent souvent à orienter vers la bonne espèce, donc vers la bonne réponse.
- Cinq groupes de blattes décrits à partir de publications universitaires et institutionnelles
- Des critères simples, à vérifier sur un insecte capturé ou une photo
- Une identification confirmée sur place par le technicien

Dans le langage courant, « cafard » et « blatte » désignent les mêmes insectes. Ce qui compte, c’est l’espèce. Cinq groupes figurent sur la liste des blattes de la faune de France, et les observations naturalistes en attestent quatre dans le Rhône : la blatte germanique, la blatte orientale, la blatte américaine et plusieurs blattes de jardin. La blatte rayée, connue en France, n’y a fait l’objet d’aucun signalement naturaliste à ce jour, ce qui ne prouve pas son absence.
Reconnaître ces espèces de cafards est utile, car chacune a ses lieux de vie : la germanique près de l’eau et de la chaleur des cuisines, l’orientale au ras du sol dans les lieux frais et humides, l’américaine dans les sous-sols chauds et les réseaux, la rayée dans des pièces sèches et en hauteur. Les blattes de jardin, elles, viennent de l’extérieur et ne s’installent pas. L’espèce indique donc où chercher, comment traiter et, parfois, qu’il n’y a rien à traiter.
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Les espèces de cafards fiche par fiche
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Fiche 01 · La plus fréquente en cuisine
Blatte germanique
Blattella germanica (Linnaeus, 1767)
- Taille adulte
- 1 à 1,6 cm
- Couleur et signes
- Brun clair à brun moyen. Deux bandes sombres parallèles sur le bouclier situé derrière la tête.
- Ailes
- Ailée, mais ne vole pas.
- Habitat
- Cuisines, salles de bain, autour et à l’intérieur des appareils (réfrigérateur, lave-vaisselle, machine à café), sous l’évier : des lieux chauds, humides et sombres, proches de l’eau et de la nourriture.
- Comportement
- Nocturne et grégaire, elle passe l’essentiel de son temps dans des fentes de quelques millimètres. En voir en journée signale en général une population importante.
- Reproduction
- La femelle porte sa capsule d’œufs (30 à 40 œufs) jusqu’à l’éclosion. Une génération dure environ 70 à 100 jours à température ambiante.
- Risque d’installation
- Très élevé. Espèce strictement liée aux bâtiments, qui ne survit pas durablement à l’extérieur et se reproduit à l’intérieur.
- Confusions possibles
- La blatte rayée (bandes claires en travers du corps) et les blattes de jardin (bouclier uniforme, individus isolés, l’été). Les petites blattes sans ailes, plus sombres, sont des nymphes et non une autre espèce.

Fiche 02 · Caves, réseaux, rez-de-chaussée
Blatte orientale
Blatta orientalis Linnaeus, 1758
- Taille adulte
- 2 à 3 cm
- Couleur et signes
- Brun très foncé à noir, brillante.
- Ailes
- Mâle : ailes couvrant environ les trois quarts du corps. Femelle : ailes réduites à des moignons. Aucun des deux ne vole.
- Habitat
- Lieux frais et humides au niveau du sol : caves, vides sanitaires, égouts, siphons de sol, locaux poubelles, rez-de-chaussée.
- Comportement
- Elle circule le long des canalisations et tolère assez bien le frais ; les adultes s’observent surtout au printemps et en été.
- Reproduction
- Capsule d’environ 16 œufs déposée dans un recoin abrité. Développement long, de l’ordre d’un à deux ans.
- Risque d’installation
- Élevé. Élevé dans les caves, les rez-de-chaussée et les immeubles raccordés à des réseaux anciens.
- Confusions possibles
- Les coléoptères noirs (« scarabées »). La femelle, presque sans ailes, est parfois prise pour une jeune blatte d’une autre espèce.

Fiche 03 · La plus grande, sous-sols et chaufferies
Blatte américaine
Periplaneta americana (Linnaeus, 1758)
- Taille adulte
- environ 4 cm, jusqu’à 5 cm
- Couleur et signes
- Brun-rouge, avec une bande claire jaunâtre sur le pourtour du bouclier.
- Ailes
- Ailes longues ; elle peut voler.
- Habitat
- Lieux chauds et humides : chaufferies, sous-sols, réseaux d’égout, locaux techniques, bâtiments collectifs et commerciaux. Rare dans les logements, sauf remontée par la plomberie.
- Comportement
- Grande et rapide, elle entre souvent par les siphons de sol. Garder les siphons en eau limite ces passages.
- Reproduction
- Capsule de 12 à 16 œufs collée près d’une source de nourriture. Développement long, souvent plus d’un an.
- Risque d’installation
- Modéré. Modéré dans les logements, plus élevé dans les sous-sols, chaufferies et locaux techniques.
- Confusions possibles
- La blatte orientale, plus sombre et sans bande claire autour du bouclier.
Fiche 04 · Pièces sèches, en hauteur
Blatte rayée
Supella longipalpa (Fabricius, 1798)
- Taille adulte
- environ 1,3 à 1,5 cm
- Couleur et signes
- Brun clair à doré. Deux bandes claires en travers des ailes et de l’abdomen ; bord du bouclier translucide.
- Ailes
- Le mâle peut voler par forte chaleur ; la femelle ne vole pas.
- Habitat
- Pièces plus sèches et plus chaudes, souvent en hauteur : chambres, meubles, placards hauts, derrière les cadres, appareils électroniques.
- Comportement
- Souvent observée en hauteur, dans des pièces sans point d’eau ; elle est fréquemment confondue avec la germanique.
- Reproduction
- Capsules de 14 à 18 œufs collées sous les meubles, aux plafonds ou dans les placards.
- Risque d’installation
- Élevé. Élevé une fois installée ; elle est réputée plus difficile à éliminer avec les seuls appâts.
- Confusions possibles
- La blatte germanique, de taille proche, mais dont les deux bandes sombres sont sur le bouclier, dans le sens de la longueur.
Fiche 05 · Venues de l’extérieur, l’été
Blattes de jardin
Ectobius plusieurs espèces
- Taille adulte
- 0,7 à 1,5 cm selon l’espèce
- Couleur et signes
- Brun clair à doré. Bouclier uniforme à bords translucides, sans bandes noires.
- Ailes
- Le mâle vole sur de courtes distances ; chez certaines espèces, la femelle a des ailes réduites.
- Habitat
- Extérieur : jardins, haies, litière de feuilles, lisières. Elles entrent dans les logements surtout en été.
- Comportement
- Individus isolés, qu’on peut voir en plein jour à l’intérieur.
- Reproduction
- Elles ne se reproduisent pas à l’intérieur et n’y survivent que quelques jours.
- Risque d’installation
- Faible. Pas d’installation durable. Un traitement insecticide n’est généralement pas utile.
- Confusions possibles
- Souvent prises pour des blattes germaniques. Le bouclier sans bandes et le contexte (isolées, l’été, près des fenêtres) aident à les distinguer.
Ces repères orientent, ils ne suffisent pas toujours : seule une observation sur place, ou une photo nette, permet de confirmer l’espèce.
Comment distinguer une blatte d’un autre insecte ?
Avant de chercher l’espèce, encore faut-il être sûr d’avoir affaire à une blatte. Le guide de l’université Texas A&M retient plusieurs caractères propres à ces insectes :
- un corps aplati, adapté aux fentes étroites ;
- une tête cachée sous le pronotum, le bouclier du thorax, quand on regarde l’insecte de dessus ;
- des antennes longues et fines ;
- des pattes hérissées d’épines ;
- une course rapide.
Les coléoptères noirs, que l’on appelle souvent « scarabées », sont parfois pris pour des blattes orientales. Les critères ci-dessus aident à trancher. Nous ne détaillons pas les caractères propres aux coléoptères : aucune des sources que nous utilisons ne les décrit, et nous préférons ne rien affirmer sans référence.
Trois autres repères aident ensuite à interpréter une observation :
- Le moment. La plupart des blattes domestiques sont nocturnes. Apercevoir une blatte germanique de jour indique le plus souvent une population nombreuse, alors que les blattes de jardin se montrent volontiers de jour.
- L’âge. Les jeunes, appelés nymphes, n’ont pas d’ailes et sont souvent plus sombres que les adultes : une petite blatte noire sans ailes n’est pas forcément une autre espèce. Des individus de tailles très différentes vus ensemble indiquent souvent une reproduction sur place.
- Les traces. De petits points brun-noir groupés, semblables à du poivre moulu, des mues et des capsules d’œufs dans les cachettes trahissent une installation.
Pour vous orienter en quelques questions, essayez le diagnostic en ligne.
Espèces et biologie
Aller plus loin, espèce par espèce
Une fiche par espèce, et deux guides sur la reproduction et le mode de vie des blattes.
Blatte germanique
Le cafard des cuisines : identification, nymphes, résistances et traitement à Lyon.
Lire la ficheBlatte orientale
Grande blatte noire des caves, des réseaux et des rez-de-chaussée humides.
Lire la ficheBlatte américaine
Grande blatte brun-rouge, liée aux sous-sols chauds, aux chaufferies et aux égouts.
Lire la ficheBlatte rayée
Proche de la germanique par la taille, elle préfère les pièces sèches et les hauteurs.
Lire la ficheCafards de jardin
Des visiteuses venues de l’extérieur qui ne s’installent pas : les reconnaître, savoir quand s’inquiéter.
Lire la ficheCycle de vie des blattes
Capsules d’œufs, bébés cafards et mues : durées selon l’espèce et conséquences pour le traitement.
Lire le guideComportement des cafards
Vie nocturne, refuges, regroupement et dispersion entre logements : ce que révèle leur mode de vie.
Lire le guideQuestions fréquentes
Identifier un cafard : vos questions
Blatte ou cafard : y a-t-il une différence ?
Non, les deux mots désignent les mêmes insectes : « blatte » est le terme des entomologistes et des professionnels, « cafard » celui du langage courant. Les vraies différences se situent entre les espèces.
Un insecte qui vole dans la maison peut-il être un cafard ?
Oui, selon l’espèce. Ni la blatte germanique ni l’orientale ne volent. En revanche, les mâles des blattes de jardin volent sur de courtes distances, le mâle de la blatte rayée peut voler par forte chaleur et la blatte américaine est décrite comme capable de voler.
Comment obtenir une identification fiable ?
Capturez un individu sur un piège englué, l’outil de référence pour détecter les blattes et reconnaître l’espèce, ou prenez une photo nette de l’insecte vu de dessus : le pronotum porte souvent les signes décisifs. Le technicien confirme ensuite l’espèce sur place.
Pourquoi l’espèce change-t-elle le traitement ?
Parce que les refuges et la reproduction diffèrent. La germanique se traite d’abord dans les cachettes chaudes et humides de la cuisine ; l’orientale et l’américaine imposent de regarder vers les réseaux et les siphons ; la rayée oblige à inspecter tout le logement, jusqu’en hauteur. Pour les blattes de jardin, un traitement n’est en général pas utile.
Les cafards sont-ils dangereux pour la santé ?
Leurs déjections, leur salive, leurs œufs et leurs mues contiennent des allergènes capables de déclencher des crises d’asthme, notamment chez l’enfant. Ils peuvent aussi transporter des micro-organismes sur leur corps, même si leur rôle réel dans les infections humaines reste débattu.
Identification et traitement
Un doute sur l’espèce ? Un technicien la confirme sur place
Indiquez ce que vous avez observé, où et à quel moment. France Cafard vous recontacte pour identifier l’espèce, localiser les foyers et vous proposer un traitement adapté, à Lyon et dans sa métropole.