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Cafards en immeuble et en copropriété à Lyon : un traitement coordonné

Quand les blattes circulent entre plusieurs logements, traiter un appartement isolé règle rarement le problème. France Cafard organise l’intervention à l’échelle du bâtiment, avec le syndic ou le bailleur.

  • Plusieurs logements traités de façon coordonnée
  • Colonnes, gaines, locaux poubelles et caves inspectés
  • Consignes écrites à transmettre aux résidents
  • Rapports d’intervention pour le gestionnaire
Technicien tenant une mallette accueilli par une cliente sur le palier d'un immeuble ancien
Copropriétés · Bailleurs · Résidences

Comprendre la propagation

Pourquoi les blattes passent d’un logement à l’autre

Une infestation de cafards dans un immeuble se comporte comme un réseau de foyers reliés entre eux. C’est ce qui peut faire échouer un traitement logement par logement.

Les analyses génétiques de populations de blattes germaniques montrent qu’au sein d’un même bâtiment, les insectes circulent activement entre logements ; ils empruntent les murs mitoyens et les gaines. D’un immeuble à l’autre, ils voyagent plutôt avec les habitants : meubles, courses, cartons, déménagements.

Colonnes techniques et vides autour des canalisations servent à la fois de couloirs et de refuges difficiles d’accès. Dans les parties basses, la blatte orientale longe les canalisations depuis les caves, les vides sanitaires et les siphons ; la blatte américaine, rare dans les logements, peut remonter des réseaux par la plomberie.

  • Un logement traité seul peut être recolonisé par ses voisins
  • Les gaines relient souvent les pièces d’eau superposées
  • Locaux poubelles et caves entretiennent des foyers en pied d’immeuble

Où intervenir

Les zones à traiter dans un immeuble

L’inspection ne s’arrête pas aux logements qui se plaignent. Elle suit le trajet des blattes dans le bâtiment.

Logements

Les appartements signalés et leurs voisins

Logements touchés, mais aussi ceux du dessus, du dessous et des côtés, reliés par les mêmes gaines.

Réseaux

Colonnes, gaines et vide-ordures

Couloirs de circulation et refuges peu accessibles, à inspecter avec l’accord du gestionnaire.

Pourquoi les blattes reviennent
Pied d’immeuble

Locaux poubelles, caves et sous-sols

Zones fraîches et humides appréciées de la blatte orientale, et points de départ de réinfestations.

La blatte orientale
Parties communes

Halls, paliers et locaux techniques

Bas de porte, passages de canalisations, trappes de gaines : des points d’accès repérés et signalés au syndic.

Comment traiter une infestation de cafards dans un immeuble ?

Dans une copropriété ou une résidence, l’efficacité dépend moins de la quantité de produit que de la coordination. Traiter dans un même intervalle les logements reliés entre eux, ainsi que les parties communes qui les desservent, évite qu’un appartement non traité serve de réservoir à ses voisins.

Partir d’un état des lieux

Le premier travail consiste à savoir où sont les blattes. Quels logements ont signalé leur présence, à quels étages, dans quelles colonnes ? Le technicien inspecte les logements signalés, ceux qui les jouxtent lorsque c’est possible, puis les parties communes et les locaux techniques. Cet état des lieux délimite la zone à traiter, plutôt que d’intervenir partout ou au hasard, et permet d’identifier l’espèce : les petites blattes brun clair des cuisines et les grandes blattes noires des caves ne se traitent pas de la même façon.

Traiter les logements reliés dans un même temps

Dans les logements, la blatte germanique se concentre dans les cuisines et les salles de bain. Le traitement repose sur un gel professionnel placé au plus près des refuges, complété si besoin par d’autres techniques. Planifier les logements d’une même colonne sur une période courte limite les échanges entre appartements traités et non traités. L’accès à chaque logement concerné est décisif : un seul appartement fermé peut suffire à entretenir l’infestation.

Les parties communes, les gaines et les locaux poubelles

Le règlement sanitaire départemental (RSD) du Rhône impose de maintenir propres et accessibles les gaines de passage des canalisations (art. 23.2). Il prévoit aussi des locaux à poubelles qui empêchent l’intrusion des rongeurs et des insectes (art. 77), et la désinsectisation des récipients, emplacements et locaux de remisage des ordures « aussi souvent que nécessaire et au moins une fois par an » (art. 79). Ces articles sont tirés du texte de 1980, modifié à plusieurs reprises jusqu’en 1995 : leur rédaction actuelle est à vérifier auprès de l’ARS ou de la préfecture.

France Cafard repère également les points d’accès : passages de canalisations, fissures, bas de porte, trappes de gaines. En habitat collectif, les services d’entomologie recommandent de les calfeutrer pour limiter les passages entre logements. Nous les signalons au gestionnaire avec nos conseils ; les travaux de rebouchage sont à confier à une entreprise du bâtiment.

Les obligations respectives du syndicat des copropriétaires, du bailleur et du locataire sont détaillées dans notre guide pour savoir qui doit agir entre locataire, bailleur et syndic. Ces informations sont générales ; pour une situation particulière, renseignez-vous auprès d’un professionnel du droit ou de l’ADIL du Rhône.

Avec le syndic ou le bailleur

Organiser le traitement d’un immeuble

Le déroulé s’adapte à la taille du bâtiment et au nombre de logements touchés. Le gestionnaire reste l’interlocuteur des résidents ; France Cafard lui fournit les éléments pour les informer.

  1. Premier échange

    Logements ayant signalé des blattes, configuration du bâtiment, accès aux caves, aux gaines et aux locaux poubelles, contraintes de calendrier.

  2. État des lieux

    Inspection des logements signalés, de leurs voisins lorsque c’est possible et des parties communes. Identification de l’espèce et délimitation de la zone à traiter.

  3. Information des résidents

    Date de passage, importance de l’accès à chaque logement, préparation, produits à ne pas utiliser. Des consignes écrites, diffusées par le gestionnaire.

  4. Traitement coordonné

    Logements reliés et parties communes traités sur une même période, dans un ordre établi avec le gestionnaire.

  5. Rapport et suivi

    Le gestionnaire reçoit un rapport d’intervention. Des contrôles sont programmés selon l’évolution, dans les logements comme dans les parties communes.

Information des résidents

Ce que chaque résident doit savoir avant le passage

Un traitement d’immeuble réussit quand les occupants comprennent leur rôle. Les blattes produisent des allergènes, présents dans leurs déjections et leurs mues, qui peuvent déclencher des crises d’asthme, notamment chez l’enfant : agir de façon coordonnée protège aussi la santé des résidents.

La préparation des logements fait d’ailleurs partie des protocoles en habitat collectif. Un bailleur social de l’Est lyonnais a ainsi inclus, dans un marché public publié en 2023, l’accompagnement des locataires et l’aide à la préparation des logements avant les traitements contre les punaises de lit et les cafards.

  • Signaler la présence de blattes sans attendre, même en petit nombre
  • Ne pas utiliser de bombe ni de pulvérisation insecticide avant le passage
  • Permettre l’accès au logement le jour prévu
  • Dégager le dessous de l’évier et les abords des appareils
  • Laisser les zones traitées intactes et fermer les sacs-poubelle

Questions fréquentes

Syndics et bailleurs : vos questions

Qui doit faire traiter les parties communes d’une copropriété ?

La loi du 10 juillet 1965 confie au syndicat des copropriétaires la conservation de l’immeuble et l’administration des parties communes, et charge le syndic de pourvoir à la conservation, à la garde et à l’entretien de l’immeuble. Aucun des textes consultés ne cite les blattes en tant que telles ; pour les logements eux-mêmes, d’autres règles s’appliquent, détaillées dans notre guide locataire ou propriétaire.

Ces informations sont générales ; pour une situation particulière, renseignez-vous auprès d’un professionnel du droit ou de l’ADIL du Rhône.

Un seul logement est touché : faut-il traiter tout l’immeuble ?

Pas nécessairement. L’état des lieux sert justement à délimiter la zone, en vérifiant les logements voisins et les gaines qui les relient. Si l’infestation reste localisée, le traitement l’est aussi ; si elle s’étend, mieux vaut traiter ensemble tous les logements reliés.

Un résident refuse l’accès à son logement : quelles conséquences ?

Un logement infesté et non traité peut réensemencer ses voisins après le passage du technicien. Le gestionnaire reste l’interlocuteur du résident pour expliquer l’enjeu et proposer un autre créneau. Le règlement sanitaire départemental prévoit par ailleurs des procédures, relevant du maire, lorsque l’insalubrité d’un logement menace la santé du voisinage.

Les cafards noirs du local poubelles sont-ils les mêmes que ceux des cuisines ?

Pas forcément. Les grandes blattes noires et brillantes des caves et des locaux poubelles sont en général des blattes orientales, qui recherchent les lieux frais et humides au niveau du sol. Les petites blattes brun clair des cuisines sont des blattes germaniques. Les deux espèces ne se traitent pas de la même manière.

Faut-il désinsectiser les locaux poubelles chaque année ?

Dans le Rhône, l’article 79 du règlement sanitaire départemental prévoit une désinsectisation des récipients, emplacements et locaux de remisage des ordures « aussi souvent que nécessaire et au moins une fois par an ». Ce texte date de 1980 et a été modifié depuis : vérifiez sa rédaction en vigueur auprès de l’ARS ou de la préfecture.

Les résidents peuvent-ils traiter eux-mêmes en attendant ?

Mieux vaut l’éviter. Dans des logements infestés où elles ont été testées, les bombes insecticides n’ont pas fait baisser les populations de blattes germaniques. Les pulvérisations, de leur côté, peuvent disperser les blattes et rendre les gels moins attractifs. Le plus utile reste de signaler, de limiter restes alimentaires et humidité, et de préparer le logement.

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