Espèces de blattes

Où vivent les cafards et pourquoi sortent-ils la nuit ?

Vie nocturne, refuges étroits, regroupement, besoins en eau et dispersion entre logements : ce que le mode de vie des blattes révèle d’une infestation.

Contenu vérifié le 24 octobre 2026 Lecture : 5 min Rédaction : équipe technique France Cafard

Technicien allongé au sol éclairant à la lampe torche l'espace sous des meubles de cuisine

Le comportement des cafards explique pourquoi on les voit si peu, et pourquoi une infestation peut progresser sans être remarquée. La plupart des études citées portent sur la blatte germanique ; les différences avec les autres espèces sont signalées.

Pourquoi les cafards sortent-ils la nuit ?

La plupart des blattes domestiques restent cachées le jour et sortent la nuit pour chercher de l’eau et de la nourriture. L’office fédéral suisse de l’environnement note que les espèces d’origine tropicale se cachent dès que l’on allume ; la blatte américaine, en particulier, fuit la lumière.

Conséquence directe : ne voir aucune blatte en journée ne prouve pas l’absence d’infestation. Les blattes de jardin font exception : actives de jour à l’intérieur, elles n’évitent pas la lumière et ne s’installent pas.

Pourquoi se cachent-ils dans les fentes ?

Les blattes recherchent le contact et se glissent dans des fentes étroites : les entomologistes parlent de thigmotaxie. Selon Texas A&M, la blatte germanique passe environ 75 % de sa vie dans des interstices de 0,8 à 4,8 mm de large.

Joints de plinthes, charnières, arrière des appareils, passages de tuyaux leur offrent obscurité et protection. Un insecticide pulvérisé sur les surfaces les touche donc mal, et le technicien inspecte chaque interstice à la lampe plutôt que les surfaces dégagées. Pour savoir où regarder, voir comment trouver un nid de cafards.

Pourquoi les blattes vivent-elles en groupe ?

Les blattes germaniques se rassemblent dans des sites communs, près de l’eau et de la nourriture, guidées par l’odeur de leurs déjections. Une étude publiée en 2015 dans la revue PNAS y a identifié 40 acides carboxyliques volatils, dont une partie est produite par les bactéries de leur intestin ; les nymphes préfèrent nettement l’odeur de déjections « normales » à celle de blattes élevées sans microbes.

Le groupe profite aux jeunes : selon l’université de Caroline du Nord, le contact physique entre individus accélère le développement des nymphes. C’est aussi un lieu de recyclage, où les jeunes mangent les excréments des adultes et où les cadavres sont consommés : un appât peut ainsi atteindre des blattes qui n’y ont jamais goûté. Les traces de déjections signalant les sites de regroupement, l’université de Californie recommande d’y placer les appâts.

De quoi les cafards ont-ils besoin pour survivre ?

L’eau et l’humidité

Une étude parue en 2026 montre que, sans eau ni nourriture, les blattes germaniques survivent plus longtemps quand l’air est humide, et bien plus encore si elles peuvent se nourrir dans ces conditions. Fuites, condensation, serpillière humide ou gamelle d’eau favorisent donc leur installation. Des durées précises de survie sans eau circulent souvent ; nous n’en avons trouvé aucune vérifiée.

Une alimentation très variée

Omnivores et opportunistes, elles consomment restes de repas, miettes, aliments pour animaux, matières végétales, insectes morts, ordures et même reliures de livres. Les dépôts de graisse entre la cuisinière et les meubles voisins constituent aussi une ressource discrète. Les nymphes ont besoin de protéines, les femelles de sucres avant l’accouplement.

La blatte germanique résiste remarquablement au manque de nourriture, mais l’abondance compte : quand la nourriture est facile d’accès, une blatte consomme moins d’appât, ce qui réduit l’effet du traitement sur ses congénères. Et contrairement à une idée répandue, un appât n’attire pas les blattes de loin : il doit se trouver sur leur passage.

Comment les cafards passent-ils d’un logement à l’autre ?

Une analyse génétique publiée en 2014 et les observations des services universitaires décrivent deux échelles de déplacement :

  • dans un même immeuble, les blattes germaniques circulent activement d’un logement à l’autre, à travers les murs mitoyens et les gaines techniques ;
  • d’un immeuble à l’autre, elles voyagent surtout avec les humains : meubles et appareils d’occasion, courses, livraisons, cartons, déménagements.

Les blattes orientales et américaines empruntent plutôt la plomberie, le long des canalisations ; l’américaine peut remonter en nombre depuis les égouts.

Avoir des cafards ne dit donc rien de la propreté d’un logement : l’insecte arrive de l’extérieur, avec un objet ou depuis un voisin. En habitat collectif, traiter un seul appartement peut exposer à une réinfestation par les logements voisins, et le calfeutrement des passages y est particulièrement utile. Voir comment traiter les cafards à l’échelle d’un immeuble.

Comment une infestation se développe-t-elle ?

Tout peut commencer avec très peu d’individus. Une femelle de blatte germanique emporte partout avec elle une trentaine à une quarantaine d’œufs dans sa capsule ; en théorie, une seule femelle introduite avec un carton peut suffire à démarrer un foyer.

Les blattes s’installent d’abord au plus près de l’eau, de la chaleur et de la nourriture : électroménager, dessous d’évier, placards de cuisine. La population grandit au rythme des générations, d’environ trois mois chacune à température ambiante. Les indices se multiplient alors : déjections en petits points sombres rappelant du poivre moulu, regroupées dans les angles et sur les charnières ; mues ; oothèques ; enfin, en cas de forte infestation, une odeur. La quantité de déjections reflète toutefois mal la taille réelle de la population.

Que signifie voir un cafard en plein jour ?

Pour la blatte germanique, une sortie en journée est un signal : les sources universitaires y voient en général le signe d’une population importante, voire surpeuplée.

Nuance : une blatte de jardin aperçue l’après-midi près d’une fenêtre ne signale aucune infestation. Et l’on entend souvent qu’un cafard aperçu en cacherait des centaines : aucun ratio de ce type ne figure dans la littérature que nous avons consultée. En cas d’observations diurnes répétées, faites inspecter les lieux sans attendre.

Pour une visite détaillée, voir les cachettes de la cuisine, zone par zone.

Questions fréquentes

Le comportement des cafards en questions

Les cafards aiment-ils le froid ?

La blatte germanique, non : le froid est le principal frein à son installation. La blatte orientale tolère mieux le frais des caves. Paradoxalement, privées de nourriture, les blattes germaniques survivent plus longtemps au frais en laboratoire.

Les cafards montent-ils dans les étages ?

Cela dépend de l’espèce. La blatte orientale reste attachée au niveau du sol et aux réseaux ; la germanique passe d’un logement à l’autre à n’importe quel étage ; la rayée recherche les hauteurs à l’intérieur d’un logement.

Pourquoi trouve-t-on des cafards dans la salle de bain ?

Pour l’eau : humidité, siphons, fuites et condensation y sont fréquents. La blatte germanique y trouve aussi la chaleur ; la blatte orientale, qui suit les canalisations, peut y arriver par les évacuations.

Les cafards peuvent-ils entrer par les fenêtres ?

C’est surtout le cas des blattes de jardin, qui vivent dehors et entrent l’été. Les espèces domestiques arrivent plutôt avec des objets, par les murs et les gaines, ou par les canalisations.