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Les cafards sont-ils dangereux pour la santé ?

Allergies, asthme, micro-organismes : ce que les études établissent sur les risques liés aux blattes, sans exagération, et ce qui les réduit réellement.

Contenu vérifié le 24 octobre 2026 Lecture : 4 min Rédaction : équipe technique France Cafard

Les cafards sont-ils dangereux ? La question appelle une réponse nuancée. Il n’y a pas lieu de s’alarmer, mais il existe un risque réel, surtout allergique, qui justifie de traiter une infestation jusqu’au bout plutôt que de s’en accommoder.

Quels dangers les cafards représentent-ils pour la santé ?

Les sources scientifiques distinguent trois types d’effets, très inégalement établis.

EffetNiveau de preuveCe qu’il faut retenir
Allergie et asthmeSolidement établiLes allergènes des blattes déclenchent ou aggravent l’asthme, notamment chez l’enfant
Portage de micro-organismesDémontré, rôle réel débattuLes blattes peuvent transporter des bactéries ; leur part dans les infections humaines reste mal connue
Souillures des aliments et des locauxDécrit par les autoritésLes déjections contaminent surfaces, objets et denrées

Comment les cafards provoquent-ils allergies et asthme ?

Chez les blattes, les allergènes se concentrent dans plusieurs résidus : les crottes, la salive, les œufs et les mues abandonnées. Ces particules peuvent passer dans l’air, puis se déposer dans la poussière de la maison.

La recherche en allergologie en a identifié de nombreux. Une revue publiée en 2017 recense jusqu’à 12 groupes d’allergènes pertinents pour la seule blatte germanique. Deux d’entre eux, excrétés dans les déjections, servent de marqueurs d’exposition stables. L’un, appelé Bla g 2, compte parmi les plus importants en zone tempérée : selon les études, 40 à 70 % des personnes allergiques aux blattes y réagissent.

À l’échelle mondiale, la part de personnes sensibilisées est estimée entre 2 et 26 %, avec un poids marqué des conditions socio-économiques défavorables. En France, une grande cohorte nationale a détecté de l’ADN de blatte germanique dans environ 7 % des 3 193 logements analysés en 2011, avec de fortes différences d’une région à l’autre. Aucun chiffre propre à Lyon n’est disponible.

Les enfants sont-ils plus exposés ?

L’étude de référence sur ce sujet, publiée en 1997 dans le New England Journal of Medicine, a suivi 476 enfants asthmatiques de 4 à 9 ans vivant dans des quartiers urbains défavorisés des États-Unis. Plus d’un tiers d’entre eux (36,8 %) étaient allergiques aux blattes. Ceux qui étaient à la fois allergiques et fortement exposés dans leur chambre étaient hospitalisés plus souvent (0,37 hospitalisation par an contre 0,11), avaient davantage de consultations non programmées et manquaient plus souvent l’école.

Ces chiffres décrivent une population américaine précise et ne se transposent pas tels quels à la France. Ils montrent néanmoins un lien clair entre exposition et gravité de l’asthme. Si un enfant asthmatique vit dans un logement infesté, parlez-en à son médecin et faites traiter le logement sans attendre.

Les cafards transmettent-ils des maladies ?

La formulation exacte compte. Les blattes peuvent porter des bactéries sur leur corps et dans leur tube digestif ; si elles les déposent sur des aliments, elles peuvent être à l’origine d’infections, par exemple à salmonelles ou à staphylocoques, selon l’Agence américaine de protection de l’environnement.

Une revue de 2020 estime qu’environ un quart des micro-organismes isolés sur des blattes sont des agents pathogènes d’origine alimentaire. Mais trouver un microbe sur une blatte ne démontre pas qu’elle contamine les humains : la part que prennent les blattes dans les infections humaines reste largement inconnue, et discutée par les chercheurs.

Retenez donc que les blattes peuvent transporter des micro-organismes. La conséquence pratique est simple : protéger les aliments et nettoyer les surfaces de préparation qu’elles ont pu parcourir.

Comment réduire les risques liés aux cafards à la maison ?

Éliminer la population, pas seulement la réduire

Les essais menés aux États-Unis sont clairs. Dans des logements traités par appâts, avec information des occupants et nettoyage professionnel, l’allergène Bla g 1 a baissé de 96 % sur les sols de cuisine en six mois. Une lutte par appâts seule, conduite par des entomologistes, l’a aussi réduit de façon significative en douze mois. En revanche, des logements confiés à des entreprises tirées au sort n’ont pas montré de baisse notable : la qualité de l’éradication fait la différence.

Cela plaide pour un traitement contrôlé dans la durée, et non pour une intervention unique dont on ne vérifie pas le résultat. Notre page sur le contrôle et la prévention après traitement explique cette étape.

Ne pas ajouter une exposition aux insecticides

Les bombes fumigènes vendues au grand public se sont montrées sans effet sur les populations de blattes lors d’essais en logement, mais elles laissent sur les plans de travail des résidus de pesticides bien supérieurs au niveau initial. On cumule alors une exposition supplémentaire et un problème inchangé. Notre guide comment éliminer les cafards détaille les méthodes qui fonctionnent.

Protéger les aliments

Gardez les denrées dans des boîtes fermées, ne laissez pas de restes à l’air libre la nuit et essuyez les plans de travail avant de cuisiner si des blattes ont pu y circuler.

Questions fréquentes

Cafards et santé : vos questions

Faut-il consulter un médecin si j’ai des cafards chez moi ?

Pas systématiquement. Consultez si une personne du foyer présente un asthme qui s’aggrave, une gêne respiratoire ou des symptômes que vous associez à la présence des blattes. Seul un bilan d’allergologie permet de confirmer une sensibilisation.

Les cafards sont-ils dangereux pour les chats et les chiens ?

Les sources scientifiques consultées ne documentent pas de risque particulier pour les animaux domestiques. Les produits insecticides et les pièges doivent en revanche rester hors de leur portée. Signalez vos animaux au technicien avant l’intervention.

Faut-il désinfecter tout le logement après une infestation ?

Les études qui ont mesuré une baisse des allergènes associaient lutte contre les blattes et nettoyage. Un nettoyage soigneux des surfaces alimentaires et l’aspiration des déjections hors des points de traitement sont les gestes utiles. Une désinfection générale n’a pas été évaluée dans les sources consultées.

Le gel insecticide pose-t-il un risque pour ma famille ?

Un produit biocide doit être autorisé et utilisé dans le respect de son autorisation et de son étiquette. Le technicien, titulaire du Certibiocide, dépose le gel par petites touches au fond des interstices, hors d’atteinte et à l’écart des surfaces alimentaires. Signalez-lui enfants, grossesse ou personnes sensibles : il adapte son intervention.